Prenons le Québec.
En bas, là, tout en bas, il y a Montréal, point d'arrivée des visiteurs, des immigrants (et souvent leur résidence définitive). Peut-être la seule ville du Québec dont le nom est connu outre-Atlantique (y a-t-il des Français qui connaissent Québec, la ville ? Même pas sûr)…
À Montréal, prendre un des ponts qui traversent le Saint-Laurent. Bon, Jacques-Cartier, par exemple. Nous voilà à Longueuil, la banlieue, et le moment de s'engager sur la 20, l'autoroute Jean-Lesage. Direction est, hein, sinon on va se planter.
Ça y est, on est sur la 20, c'est pas génial comme paysage, banlieue, banlieue, banlieue, Ikéa, des voitures partout. Ça dure longtemps, cette banlieue-là, avec ses développements domicilaires tous pareil qui poussent comme des champignons.
On traverse la superbe rivière Richelieu, au pied de l'imposant mont Saint-Hilaire. On continue. Camping Sainte-Madeleine, en plein au bord de l'autoroute (qui veut vraiment camper là ?). Des champs. Encore des champs. C'est plat, terriblement plat, cette région. Si c'est votre première fois au Canada, vous allez vous demander où elles sont, toutes ces belles collines couvertes d'arbres multicolores avec un lac au dessous.
Saint-Hyacinthe (qu'on prononce SaintE-Hyacinthe). Drummondville (rien à voir avec le Monsieur Drummond dans Arnold et Willy). On reste sur la 20. C'est pas compliqué. On y r-e-s-t-e.
Une petite accalmie au niveau du trafic, qui va de pair avec l'apathie de rouler tout droit sur un paysage plat et sur une route droite. L'horizon semble loin. Puis, tranquillement, des autos se joignent, la route devient plus achalandée. Ça y est, on approche de la grande ville, l'autre grande ville. Québec se dévoile au loin, avec ses quelques gratte-ciel.
La toute première fois que je suis allé à Québec, j'avais d'ailleurs été décontenancé par ce "skyline" ; ayant lu partout des textes dithyrambiques sur la beauté de cette vieille ville et ses maisons de pierres, je me demandais où j'arrivais. Je vous rassure, Québec c'est très beau. Mais il y a aussi des coins modernes, on est en Amérique du Nord, n'oublions pas !
Attention, on ne prend pas les ponts pour aller à Québec, on continue sur la 20 encore et encore. On n'a même pas fait la moitié du chemin. Direction Rivière-du-Loup, maintenant.
Passé Lévis (le Longueuil de Québec), ça change radicalement. C'est là qu'on peut comprendre à quel point la province du Québec est peuplée, "animée" autour de ces deux pôles, Montréal et Québec (et surtout Montréal). L'essentiel du trafic a lieu justement sur la 20, entre ces deux villes. Après, on entre dans une autre catégorie. Chaque kilomètre, on s'éloigne un peu plus de la civilisation. Les voitures se font de plus en plus rares. Les villages de plus en plus épars, la forêt plus présente, les lignes électriques et pylônes, moins.
Surtout, le paysage perd sa "plateur" monotone. Il y a des collines, maintenant.
Puis le fleuve commence à s'ouvrir. Ça y est, on le voit, il est beau, avec l'île d'Orléans, les montagnes de plus en plus hautes de la rive nord. Petit sourire en contemplant le paysage (s'il fait beau, en plus, c'est mieux !).
Puis le fleuve commence à s'ouvrir. Ça y est, on le voit, il est beau, avec l'île d'Orléans, les montagnes de plus en plus hautes de la rive nord. Petit sourire en contemplant le paysage (s'il fait beau, en plus, c'est mieux !).
Montmagny. Saint-Jean-Port-Joli. L'Islet. Toujours la 20, toujours tout droit (il y a une autre route, la 132, qui longe le fleuve et traverse les villages, mais assez de digressions, on va à Rimouski, alors pas de détours !).
Parfois, le paysage, malgré son côté bucolique-forestier, redevient monotone. Parce qu'il n'y a pas grand-chose et que la route est quand même longue.
Quelques collines éparses apparaissent dans le lointain. Le fleuve se dévoile à nouveau. Il est devenu soudainement très large, les montagnes sur l'autre rive sont loin, tout à coup.
La Pocatière, ça y est : on est officiellement dans le Bas-Saint-Laurent, notre nouvelle région de résidence.
Les collines se succèdent, elles sont de plus en plus découpées. On est du côté de Kamouraska, Rivière-du-Loup n'est plus très loin.
Quelques kilomètres avant Rivière-du-Loup, il y a le choix entre deux directions. Comme on roule tout droit depuis Montréal, on n'est plus habitué ! Pourtant, histoire de rester en terrain connu, ce sera… tout droit. Rimouski est indiqué, ça y est. Arrêt-pipi à Rivière-du-Loup. Dans une heure on sera arrivés.
Quelques kilomètres encore sur l'Autoroute 20, puis elle finit là. Finie l'autoroute ! La route 132 (qui part, elle aussi, de Montréal, en parallèle) prend le relais.
Sur la 132, le feeling est différent. On roule moins vite et on traverse tous les villages. Surtout, on longe le fleuve de près. Il est devenu encore plus large, l'autre rive est vraiment loin. Il y a un côté maritime au paysage, avec ces maisons de bois qui semblent abriter des familles de pêcheurs, ces gros bateaux qu'on voit au loin, sur le fleuve, ces villages colorés et à l'aspect plus rustique qu'auparavant.
On traverse Trois-Pistoles, ou plutôt, on la contourne. À présent, chaque localité se traverse en moins de deux. Transposées en France, ces "villes" seraient d'insignifiants villages, mais ici elles sont les seules du coin et revêtent une tout autre importance. Trois-Pistoles n'est pas plus grosse que le village où mes parents habitent, mais isolée comme elle est, elle devient "ville importante", ici.
Là, ça devient sérieux. Le décompte des villages est lancé ! Malgré les kilomètres qui les séparent, ils semblent proches. Peut-être qu'on a hâte d'arriver, rendu là. Saint-Simon. Saint-Fabien. Les montagnes pleines de caractère du Parc du Bic (j'en reparlerai !). Le village de Bic, lui c'est le dernier avant Rimouski. Et, en fait, on est déjà à Rimouski puisque le village en est un des districts.
Sortis du Bic, la 132 redevient la 20 pour quelques kilomètres. Mais attention, là, une petite 20. Une route à deux voies, parfois trois pour dépasser. Une 20 "de région", on est loin des grands axes routiers. La circulation est fluide, bien qu'un peu plus importante qu'auparavant. Ça reste pépère.
La route passe au-dessus de la tumultueuse rivière Rimouski, rivière à saumon.
On devine la ville en arrière des arbres.
On devine la ville en arrière des arbres.
On est arrivés.
C'est tout ?
C'est tout ?
Non. Promis, la prochaine fois, je vous raconte Rimouski.
Superbe texte qui m'a presque donné l'impression de revivre la route vers les vacances l'été dernier!
RépondreSupprimerEn tout cas, merci, "Zaza" ! :-))
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