Voilà. Un peu plus d'un mois passé à Rimouski.
Ce n'est rien, et c'est déjà beaucoup.
Assez pour faire tout doucement le deuil de la Métropole, de se refaire de nouveaux repères, de vivre à un autre rythme et de s'habituer à de nouveaux sons, paysages, lumières, odeurs…
Il y a, bien sûr, le calme. On s'y fait très vite. L'absence de bruit du trafic automobile, l'absence de sirènes de police, d'ambulances ou de pompiers… et, surtout, plus le bruit de fond permanent de la ville. Je n'ai pas réalisé tout de suite que je ne l'entendais plus, mais à la longue on s'en rend compte. Ça fait du bien.
Il y a l'air, aussi. Pur et sans cesse renouvelé par un vent revigorant. On s'en emplit les poumons à longueur de journée. Les odeurs de la mer, le varech sur la plage, tout un dépaysement. Ça sent les vacances, et pourtant c'est chez nous maintenant.
Il y a les gens. Surtout.
D'une chaleur et d'une jovialité presque gênante, tellement c'est immédiat.
Pour quelqu'un comme moi, solitaire et - à mes heures - asociable, ça aurait pu représenter un challenge ou, pire, un inconvénient. Eh bien, pour le moment, c'est plutôt le contraire. Je me découvre un plaisir à jaser avec les voisins et à faire un sourire et un p'tit bonjour aux gens croisés à pied ou à vélo. On redécouvre une humanité de proximité propre aux campagnes. Réconfortant.
Rimouski a beau être une ville moyenne, même une grande si on compare à la Gaspésie toute proche ou à la Côte-Nord, de l'autre côté du Saint-Laurent, elle reste quand même toute petite comparée à Montréal.
Ici, nos yeux en saisissent les limites. Au bord de l'eau, sur la magnifique Promenade de la mer, en regardant vers les terres, on voit les fermes au sommet des collines. La ville est finie, là-bas. À Montréal, je ne voyais jamais la fin des rues. J'étais enserré dans le béton et la brique. "Imbriqué" ?
À Rimouski, il n'y a pas 50 quartiers à découvrir, 3000 rues à parcourir et 750 restaurants à essayer.
On commence déjà à reconnaître des visages, à aller aux mêmes endroits. Le meilleur resto de la ville, on l'a déjà fait. Il n'y en a plus d'autres ; c'est celui-là. Faudra s'y faire.
C'est ennuyeux ? Ça fait peur ? Il y a des manques ?
Un jour, peut-être, ça viendra. Je ne sais pas. Le virage est encore frais.
Mais pour le moment, j'adore ce fait, justement, d'être dans un environnement dont on fait peut-être plus vite le tour, mais qui offre, en contrepartie, une plus grande humanité.
Plus facile de faire sa place quand les gens te connaissent, te conseillent, te réfèrent, savent qui tu es. Tu n'agoniseras pas dans la rue sans que personne ne s'arrête pour t'aider.
Tu n'es pas invisible.
J'avais oublié ce que ça fait.
Trop bon Pascal! Je suis contente que votre nouveau choix de vie te comble.
RépondreSupprimerBravo mon chat! Très bon texte!! :-)
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