2012/03/25

La porte d'entrée

Les raisons pour vouloir déménager de la Métropole vers la région sont nombreuses. Qualité de vie, calme, coûts, etc. 
On sait tous ça.

Pourtant il y a un autre aspect. Moins avouable car pouvant facilement être mal interprété.

C'est qu'à Montréal, je ne me suis jamais senti tant que ça au Québec.


Montréal, c'est ce que Paris est à la France ; c'est ce que Londres est au Royaume-Uni ; c'est ce que New York est aux États-Unis. Une grande métropole (beaucoup la trouvent petite, mais je la trouve grande), très diverse, très cosmopolite, polyglotte. 
Le samedi après-midi, sur Sainte-Catherine dans le centre-ville, on entend d'ailleurs une multitude de langues dans la rue. J'en ai fait plusieurs fois l'expérience. Le mélange est hallucinant. Les yeux fermés, il serait difficile de deviner dans quelle ville on se trouve. Berlin ? Londres ? San Francisco ?

Les grandes villes s'uniformisent. Il devient de plus en plus difficile de se sentir ailleurs, d'être dépaysé. S'il y a une mondialisation de l'économie, il y a aussi une mondialisation de la démographie. On mange des sushis avec Sven à Chicago ; on danse la salsa avec Mohammed à Londres ; on défile pour le nouvel an chinois avec Boucar et Stanislava à Copenhague. Comme à Montréal le samedi au centre-ville, si on ferme les yeux dans la rue à Chicago, à Londres, à Copenhague, on aura la même difficulté à se situer, on ne saura pas vraiment où on est.



C'est ce qui est, peut-être, la plus grande différence entre Montréal et le reste de la Province. Plus encore que l'opposition ville versus campagne, smog versus air pur, bouchons versus circulation fluide, bruit versus silence…
La composition démographique.

Hors de la Métropole, il n'y a que des Québécois. Ils "parlent québécois", s'appellent Tremblay, Gagnon ou Desjardins. C'est peut-être cliché, mais on se sent drôlement au Québec, là-bas. Il y a un fossé plus grand entre Montréal et Mont-Laurier qu'entre Montréal et Toronto. Vraiment.


J'ai peut-être l'air de généraliser, d'opposer Montréal, qui serait un Québec "pas pittoresque" et le reste qui serait un "vrai Québec". Pourtant, quand on dit "un Québécois", imagine-t-on VRAIMENT un gars d'origine russe vivant à Montréal, et qui parle à 90% du temps en russe avec ses voisins et collègues ? Non. Je parie que la grande majorité des gens imaginent un "Canadien-Français" qui parle en joual, qui aime le hockey et a du sirop d'érable dans son frigo ! Même si on se défend de faire des généralisations, on se rattache à des images, qu'on le veuille ou non. Quand on me parle d'un Italien, désolé mais je ne m'imagine pas un Chinois qui parle... chinois. Ben non !
Je n'ai, à ce propos, jamais pensé qu'habiter sur le territoire du Québec suffise à faire de nous un Québécois, comme habiter au Vietnam ne rend pas vietnamien. Il y a des codes à apprendre et une culture à assimiler. Et il faut le vouloir, surtout.


Pourtant, quand je vivais à Paris, toutes les cultures m'attiraient. Toutes, sauf une. Je me foutais complètement de la culture française. Je suis français, je porte des racines françaises en moi, je n'avais donc aucun intérêt à en découvrir davantage. C'était aussi ce qui différenciait la vie à Paris de la vie de province que j'avais connue avant. À Paris, je m'ouvrais sur le monde entier. Super enivrant.

Plusieurs années ont passé, j'ai quitté la France pour le Québec, et le paradoxe de ma condition d'immigrant, c'est que je suis plus sensible maintenant à la notion de "culture majoritaire" ; d'autant plus que Montréal est un gros mélange parfois difficile à appréhender. Même si ce côté très "ville mondiale", "nations unies" où tous les pays sont représentés a son charme, en même temps il complique l'intégration. J'ai besoin de savoir à quel pays je m'attache, où je suis. Être plus qu'un "citoyen du monde" qui vient de partout et nulle part à la fois.


D'ailleurs, si j'en juge par le nombre de mots et d'expressions québécois que s'obligent à utiliser dès leur arrivée (et maladroitement) les Français du Plateau, en tant qu'immigrants on a tous la même envie. Devenir, en vivant ici, un peu québécois. On espère secrètement sympathiser avec les "indigènes" et on est fier quand nos familles et nos amis voient qu'on ne côtoie pas juste d'autres Français ou immigrants. Finalement, on ne considèrera pas son immigration comme complètement réussie tant qu'on n'aura pas d'attaches sentimentales réelles avec des Québécois (voir la définition d'un VRAI plus haut ;-), pas le Russe, là ;-))

Dans mon cas, je peux me compter chanceux, j'ai ici des amis, un amoureux et une belle-famille, ce qui est un très bon début ! Ces attaches sentimentales m'ont simplement donné envie d'aller encore plus loin sous la surface. De savoir le Québec comme je sais la France.


Montréal, tu as été une super expérience. Tu m'as ouvert une porte sur le Québec.
À présent, je suis prêt à franchir le seuil et à aller voir plus loin...



2012/03/13

Désinformez-moi

La revue de presse du matin sur Internet.
La distribution du journal Métro à l'entrée de la station du truc du même nom.
Les écrans de télé dans ledit métro qui jouent l'actualité en boucle.
Les collègues de boulot qui parlent des gros titres ou des entrevues de Tout le monde en parle la veille.

Rien ne nous échappe plus. Nouvelles 24h/24.

Des guerres les plus violentes aux potins de stars les plus insignifiants.
Une hôtesse de l'air pète les plombs sur un vol obscur ? On le sait. Un alligator aboutit dans les toilettes d'une madame en Floride ? On le sait. Justin Bieber achète une casquette dans un magasin parisien ? On le sait aussi.

Depuis quelques années, je boycotte le journal gratuit du matin. Je considère qu'aller se remplir le cerveau de nouvelles, une fois encore, dans les transports en commun, est une fois de trop. Du papier gaspillé, en somme. Des arbres abattus pour qu'on sache quoi ? On a tout lu sur Internet avant. Et si on ne l'a pas lu avant, la radio, la télé, les collègues ou les amis nous le diront.
Mais, même sans journal du matin, sur la ligne verte, les autres voyageurs me ramènent l'actualité sous le nez. Ils la lisent, eux. Je n'y échappe pas. Au métro Berri-UQAM, rebelote. Je baisse les yeux. Je ne veux pas voir les écrans de nouvelles qui tournent en boucle.

Est-ce vraiment indispensable de s'informer autant ? Quel pourcentage de nouvelles est vraiment important ? Lesquelles nous concernent, nous, tout un chacun, réellement ?


Parfois je m'ennuie d'une époque que je n'ai jamais connue. Celle où on ne savait pas ce qui se passait à Tokyo ou à Kaboul. Une époque sans flux de nouvelles (quelle belle expression !).

L'apport continu d'information est anxiogène. Et inutile.

J'ai des envies récurrentes de retraite en monastère ou au fin fond de la Pampa, afin d'échapper au flot. Ne plus savoir ce qui se passe dans le monde, ne serait-ce qu'une semaine. Non, pas une semaine, c'est pas assez. Un mois. 
UN MOIS ??? Ça semble fou, non ? Un mois sans rien savoir de l'actualité ???? De quoi se sentir coupable, comme si se tenir au courant était obligatoire...

Eh bien parfois, j'ai bien l'envie de ne plus me tenir informé, justement. Comme quand on part en vacances pour "décrocher". C'est pas chouette, ça ? Marcher sur la plage au soleil couchant, en profitant du magnifique paysage, juste du paysage. C'est calme, hein ? Les guerres, loin. Justin Bieber, loin aussi.
Et quand on revient, on a toujours ce sentiment étrange que rien n'a bougé, comme si on s'attendait à ce que tout soit bouleversé. Car à force d'être bourrés de brèves, on finit par croire que le monde bouge beaucoup plus vite qu'en réalité.

Parlant de vacances, c'est décidé. Je vais prendre des congés d'info de temps à autre. Quand vous me verrez, je ne serai au courant de rien, ou alors pas grand-chose. Je vais peut-être avoir l'air benêt au début, mais n'ayez pas peur, j'ai plein d'autres choses à raconter.


2012/03/07

La vie, c'est dangereux

On est mercredi.

Lundi matin, je me branche sur le site de Cyberpresse, comme à chaque matin, par réflexe. Je parcours comme toujours les articles en diagonale. Je jette toujours un œil à la "question du jour", bien que ce soit rarement intéressant.

Ce lundi matin-là, ce que je vois comme question du jour me désespère.

"Devrait-on obliger les passagers des autobus interurbains à porter une ceinture de sécurité ?"
J'ai même pas le temps de réfléchir. Je réponds. Un gros NON.
Réponses du sondage : Oui 53%, Non 39%.

Je replace dans le contexte : la semaine dernière, un autobus a dérapé sur la chaussée glacée, dans le Centre-du-Québec. Deux morts et 43 blessés.


Mardi matin. De retour sur Cyberpresse, un des articles qui fait la une : "Deux coroners préconisent d'interdire la vente libre des sirops contre la toux ; dorénavant, il faudra les demander au pharmacien, bla bla bla."
La question du jour, du genre "êtes-vous d'accord pour interdire la vente libre des sirops contre la toux ?"
Oui 51%, Non 43%.

Je replace dans le contexte, cette fois encore. Deux hommes, un de 65 ans qui a consommé de très grandes quantités d'un certain type de sirop (pour guérir plus vite j'imagine), et un de 64 ans qui a pris un certain sirop mélangé à d'autres médicaments, sont morts. Deux personnes, peut-être malchanceuses, peut-être un peu irresponsables. Et là, panique. Les sirops contre la toux, c'est dan-ge-reux. On ne rigole pas avec ça.

La ceinture de sécurité dans les autobus, c'est du même tonneau. Des gens sont morts, et il faut em-pê-cher-ça-à-tout-prix. Bien d'accord, sauf que la mort ou les accidents, ça arrive, dans la vie. 


Ces deux exemples-là sont symptomatiques d'un mal beaucoup plus grand de notre société.
Il faut que RIEN ne soit JAMAIS dangereux. Risque zéro.

Des chauffards roulent comme des fous dans un quartier résidentiel ?
On abaisse la limitation de vitesse à 30.
Des têtes brûlées se cassent la gueule en ski ?
On préconise le casque obligatoire pour tous.
Une fille tombe de Bixi ?
Et si on obligeait tous les utilisateurs de Bixis à porter le casque ?
Ben oui, faut pas qu'il y ait d'accident. Jamais. Ja-mais. Les accidents, on veut rien savoir de ça.
Les accidents, c'est pas bien. La mort, faut pas. Faut pas mourir.

Alors tout le monde trinque. Tout le monde met son petit casque et ses petites genouillères pour sortir de la maison, on ne sait jamais. À cause de quelques cas isolés, tout le monde doit s'adapter.
Non pas que je veuille que les gens se blessent ou meurent dans d'atroces souffrances, mais l'obsession sécuritaire me décourage. La vie, ça finit par la mort, et les accidents ne peuvent pas tous être évités. On n'est à l'abri de rien. Rien.

Et le danger avec cette obsession du risque zéro, c'est que ça développe la peur pour des petites choses ; ça inhibe, ça affaiblit et ça rend la vie bien moins marrante (aller faire du vélo avec son petit casque, ses petites lumières, genouillères, protections aux coudes, en ne roulant pas trop vite, grisant, non ?)… 

Mais surtout, ça restreint la liberté de tout le monde.
Car ces bonnes intentions n'ont pas de fin, et on peut toujours aller plus loin.

Si on décide véritablement de faire porter des casques aux piétons, je vais me ramasser une contravention si j'en mets pas ? L'absurdité de la chose me dépasse.
L'hiver, quand il y a du verglas, des gens tombent. On interdit le verglas ? Tiens, le verglas ! Prends ça ! 100 dollars d'amende !!!
On a interdit la cigarette partout et on traite à présent les fumeurs comme des pestiférés. Si on décrètait que les frites sont la pire chose pour la santé, on pourrait aller jusqu'à les interdire, non ? Ou alors, on se retrouverait réduits à les manger sur le trottoir, pour ne pas importuner les autres dans le resto. Pourquoi pas ? Vu de même, ça semble grotesque. Mais quand je vois à quel point on veut éliminer tout ce qui est "mauvais" dans la vie, je me dis qu'on s'en approche doucement mais sûrement.

Le revers de la médaille, c'est que ça donne envie de transgresser. Dans un environnement trop sécuritaire, quoi de mieux que de prendre des risques ? Casque obligatoire ? M'en fous, je le mettrai pas !
Et ensuite, on se demande pourquoi il y a eu un petit rigolo pour rouler à 90 alors que la limite est à 50. Bon, alors, on va baisser la limite à 30. Belle solution ! Ça ne fait que pénaliser l'automobiliste respectueux qui roulait déjà à 50. Celui qui voudra toujours faire le malin continuera à rouler à tombeau ouvert, c'est tout.

La vie comporte sa part de danger.
La vie, elle improvise.
Elle n'est pas juste.
Météo, maladie, un fou qui tire dans le tas dans la rue… c'est impossible à contrôler. On ne peut pas tout légiférer.

Chers décideurs, arrêtez de toujours vouloir notre bien à tout prix.
C'est étouffant, à la fin.


2012/02/25

Être un artiste, c'est chiant

Oui. C'est chiant. 
Pas d'être artiste en soi, être artiste c'est chouette. 
Mais être UN artiste, ça c'est chiant. Surtout auprès des autres artistes.

J'aime dessiner, créer, me raconter à travers mes dessins. Ça compte énormément pour moi. Pour autant, je ne me considère absolument pas comme un "artiste", au sens social du terme.
J'entends par là être systématiquement original, hors-norme, contestataire, engagé, politisé. La plupart des milieux artistiques me font profondément chier. Être artiste, en avoir l'attitude et l'habillement, est souvent plus important que de faire quelque chose de son art. Il faut prendre position, dénoncer des tas de trucs, militer. Tous ne sont pas comme ça, mais beaucoup.
Ah, aussi, il faut être marginal, ou du moins attiré par la marge. Aimer la marge. Pas le droit d'avoir une vie "normale".

Désolé, mais moi, la marge, ça ne m'attire pas. Je n'ai jamais trippé sur les gens (trop) hors-normes et fiers de l'être. Pas qu'il faille être comptable et habillé en gris pour me plaire, ça non. Mais vivre dans la marge (et la marDe) dans des squats, dans la quasi-illégalité, ben ça me séduit pas. Je vois pas la magie là-dedans.

Ça doit être mon éducation.

Élevé par des parents travaillants, qui m'ont appris à bien me tenir, à faire des efforts pour arriver à quelque chose (et je les remercie pour ça), j'ai acquis le sens du mérite, et rien ne m'insupporte plus que les gens qui braillent sans rien faire pour arranger leur sort. Et, malheureusement, dans les milieux artistiques contestataires-marginaux-engagés, c'est monnaie courante. 
Se plaindre que la société c'est de la marde sur son MacBook Pro en attendant que quelque chose de mieux arrive, j'aime pas ça. Et même plus, j'ai pas d'estime pour ça.
Je suis prêt à aider corps et âme quelqu'un qui veut vraiment se sortir de ses problèmes, mais quelqu'un qui ne veut pas s'aider, j'ai pas envie de m'en occuper.

Je viens de me relire, et MY GOD j'ai l'air tellement pas marrant comme gars. Pourtant, ceux qui me connaissent bien savent que je suis pas un gars sans fantaisie, loin de là. Je revendique plus une certaine "normalité". Oui, je ne trouve pas ça péjoratif d'être normal, ordinaire. De travailler de 9 à 5, de payer sa bouffe, de ne pas se défoncer, de faire son ménage le week-end (pas vous ?), de respecter les lois. Et le pire, c'est que je suis super heureux comme ça :-))))

J'ai aussi un peu de mal avec une certaine sacralisation de l'artiste dans notre société. On nous (OK je m'inclue, là) considère comme super importants. Il y a une sorte d'aura autour de nous. On est géniaux. OK, l'art fait avancer plein de choses dans le monde, c'est évident, mais les éboueurs qui ramassent nos merdes le matin aussi. Sans eux, ce serait vite le chaos.

Comme "personne utilisant un art" (ben oui, je sais plus comment me définir, à présent !), je ne me suis jamais senti plus important que la plupart des gens ; euh… sauf entre 15 et 20 ans.
Mais ça c'est pas "être artiste", c'est "être jeune"…

Sur ce, je retourne faire mes dessins :-P


2012/02/19

Les deux Québecs

Montréal. 

Le Québec. 

Pour la grande majorité des immigrés, les Français ne faisant pas exception, ces deux notions ne font qu'une. Partir vivre au Québec, c'est automatiquement partir vivre à Montréal. À nos amis en France, à notre famille, on explique le Québec en se basant sur la vie de Montréal. Le Québec, C'EST Montréal. Au Québec, les rues sont longues. Au Québec, on vit sous terre l'hiver. Au Québec, il y a des gratte-ciel. Au Québec, il y a un métro. Au Québec, l'été, il y a la foule dans la rue, à cause des festivals. Au Québec, on mange des empanadas le midi et des sushis le soir, avec nos amis provenant de tous les pays du monde. Au Québec, il y a des écureuils partout. Au Québec, il y a des grands espaces : le mont Royal, les îles au milieu du Saint-Laurent et le parc Maisonneuve. J'exagère à peine.

Quand on sort de Montréal, on est un peu perdu. C'est grand. Les routes sont longues. Il n'y a que des arbres, des champs, des collines, et les villes, même Québec, ont l'air de petits villages où il ne se passe rien. On est content d'y passer quelques heures, c'est beau, mais c'est tout. On revient rassuré à Montréal, car c'est là que tout se passe. C'est là qu'il faut être.

J'ai moi-même vécu le Québec de cette façon. La grande ville nous rassure, quand on choisit de s'installer dans un nouveau pays. On pense qu'on y trouvera TOUT, qu'on ne sera jamais seul, on a besoin de repères. La grande ville est universelle, une grande ville c'est une grande ville. À partir de là, le choix est assez vite fait. Pourquoi, en arrivant au Québec, on s'installerait à Victoriaville ? À Saint-Georges-de-Beauce ? À Baie-Comeau ? Si l'immigrant n'a aucune attache préalable au Québec, il choisira quoi ? Montréal. C'est moins risqué.

Entendons-nous bien. Je comprends parfaitement ce choix, l'ayant moi-même fait. De plus, à l'âge où je suis arrivé au Québec (29 ans), et après six ans passés à Paris, je ne me voyais pas ailleurs que dans une grande ville. Plus grande aurait été la ville, mieux c'était. Ça me rassurait. Je ne pourrais pas manquer de travail, tout existe en ville. Je n'aurais aucune limite professionnelle, les plus grosses boîtes sont là, les plus importants sièges sociaux. Je n'aurais aucune limite culturelle, je pourrais trouver des épices exotiques, des produits importés des quatre coins du monde, des BD super rares, des objets de déco hallucinants.

Presque huit ans après avoir posé mes sacs dans le hall d'arrivée de l'aéroport de Mirabel, presque huit ans à vivre l'immigration, la découverte d'un autre pays, je suis arrivé à une sorte d'impasse. J'ai paradoxalement atteint les limites de la grande ville, qui justement n'en a quasiment pas, de limites. Parce qu'il manque quelque chose d'essentiel à mon processus d'intégration.

La découverte de la vie ailleurs qu'à Montréal. Vivre le Québec des Québécois, le Québec où il fait vraiment froid l'hiver, où les gens ont un vrai accent, chassent, pêchent, font de la motoneige, du kayak. La caricature ? Peut-être, oui. Montréal manque terriblement de clichés, d'exotisme. Oui, d'exotisme. Pour une ville composée de tant d'immigrants, c'est tout un paradoxe. Je reviendrai sur ce point ultérieurement.

Dominic a changé ma vision du Québec, il m'a introduit à cette culture qui fait à présent partie de moi. Il m'a fait plonger tête baissée, et m'a donné envie d'en découvrir encore plus. Maintenant, avec lui, je me prépare à découvrir la "région". Le "Québec profond" ?

Rimouski, je t'aime déjà. Tu me fais entrevoir un nouveau monde. Merci.


Processus enclenché

Je viens d'ouvrir iCal, application dont je ne me sers jamais, mais bien pratique pour éviter de compter les jours de tête. En comptant aujourd'hui, il reste 27 jours. 27 jours avant que Dominic et moi ne chargions le contenu de notre appartement montréalais dans un camion. Camion qui nous mènera à 573km d'ici. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, on déménage. Nouveau départ très excitant. Cadre de vie complètement nouveau. Rimouski, Bas-Saint-Laurent. Vue sur la mer, les mouettes, les éperlans, les bélugas et les baleines qui croisent tranquillement dans l'estuaire. Un monde de nouveauté s'offre à nous.

Le plus merveilleux, c'est de se rendre compte que si on en est là, c'est UNIQUEMENT car on en a fait le choix. On ne nous a pas appelés là-bas. Personne n'a besoin de nous. Mais quand on sera arrivés, ils ne pourront plus se passer de notre présence ! Hahahaha ! Watch out, Rimouski !!!!! :-)))) On arrive !!!

2012/02/18

Je m'y jette !

Bon ! On est en 2012, il me reste moins d'une année avant la fin du monde, l'Apocalypse, les Mayas, Nibiru, l'Iran qui nous balance une bombe, l'interdiction de Tintin au Congo, l'interdiction de manger des frites à moins de 9m d'une école ou d'un hôpital (riez pas, on y est presque !), la fin, quoi.
Moins d'un an pour que je me décide à faire partie de la vie moderne. J'ai quand même une adresse courriel et je suis même sur Facebook. Mais j'ai pas de blogue !!!!! PAS-DE-BLO-GUEU !!! Bon, j'AVAIS pas de blogue. C'est rétabli, je viens de rejoindre les 857 millions de gens qui racontent leur vie sur le Net. La mienne ne sera pas nécessairement plus intéressante (désolé !), mais je vais essayer quand même ;-). 18 février 2012, voilà. Je me jette à l'eau.