2016/04/02

2014. L'année du retour à la réalité

Fiou ! Ça fait une éternité que je n'ai pas écrit. Mais bon, c'est ça, les blogues. Ou plutôt, C'ÉTAIT ça ;-), puisque j'ai l'impression que plus personne n'a de blogue en 2016...

Eh oui, nous sommes en 2016. Il a coulé beaucoup d'eau sous les ponts.

Retour en arrière. En 2012, on quittait la vie montréalaise et on débarquait à Rimouski. Une vraie révélation, pour moi, que fut la vie de région éloignée, avec son rythme si doux, cette nature brute, l'environnement maritime dont je suis tombé accro, la chaleur des habitants du Bas-du-Fleuve. Un changement de vie radical, et je le répète, une révélation. Ça a changé mon point de vue et ça a teinté ma vision des endroits où je souhaitais me poser dans la vie.

Mais, la vie étant ce qu'elle est, et la réalité du travail étant ce qu'elle est, on est repartis au printemps 2014... vingt-cinq mois après être arrivés, on retournait dans le sud du Québec. À Sherbrooke cette fois. Le travail de Dominic nous amenait là.

Vu de Rimouski, ce déménagement me semblait être une continuité ; on ne retournait pas à Montréal, mais on partait ailleurs en région. Je pensais donc retrouver une ambiance similaire au Bas-Saint-Laurent, mais non. De mon point de vue, Sherbrooke rappelle davantage Montréal que Rimouski ; on y retrouve l'ambiance ville, le trafic automobile, les gens, les banlieues étendues, et même les graffitis... Bref, gros retour à la réalité après deux ans "en vacances", les pieds dans le sable devant chez nous.

Le choc a été très violent pour moi. À peine arrivé ici, je voulais repartir, retrouver ce que je venais de perdre... et ce sentiment s'est étiré dans le temps, longtemps. Surtout que notre situation étant encore instable, on ne savait pas si on resterait ici... Bref, deux longues années plus tard, je commence à peine à poser mes valises...

Ce qui m'a peiné dans cette aventure, c'est le fait d'avoir envoyé promener le rêve. Partir à Rimouski était un rêve qu'on avait caressé presque trois ans, un endroit qu'on avait choisi parce qu'il nous plaisait et non parce qu'il était pratique ; à ce moment-là, on pensait avec notre cœur et nos sentiments... c'était une aventure, et, oui, un rêve qu'on réalisait.
Deux ans plus tard, on arrivait à Sherbrooke parce que le boulot nous y amenait, pas parce qu'on était tombé en amour avec la ville. Cheminement inverse, amenés ici par la réalité. Bon les gamins, on arrête de rêver maintenant, la vie c'est pas fait pour ça. Bien moins excitant, comme démarche.

Alors oui, Sherbrooke, c'est "pratique". La ville est bien plus grande que Rimouski (bien pluuuus grande), on y trouve donc beaucoup plus de choses, Montréal est quasiment à côté, il y a plus de tout... à défaut d'avoir les paysages marins, les couchers de soleil et l'ambiance de vacances à l'année, on a au moins gagné en "pratico-pratique". La réalité a pris la place du rêve.

J'ai 41 ans. Je prends ça comme une leçon de vie, une preuve que dans la vie on n'a pas toujours ce qu'on veut. Mais aussi que les choses sont belles si on décide qu'elles le sont. Parce que le boulot va nous amener à rester ici encore un certain temps, je regarde quels sont les avantages de ma nouvelle région. Le passé, c'est le passé, et le présent c'est ici.

À moi, maintenant, de m'attacher à l'Estrie autant que j'ai pu m'attacher au Bas-Saint-Laurent... et à moi d'apprendre à rêver ici au lieu de me projeter dans un ailleurs, aussi inspirant soit-il.

Et puis, rien n'est définitif dans la vie. Où en sera-t-on dans 3 ans ? Dans 5 ans ? Dans 20 ans ? Juste penser à ça, ça fait un peu rêver, finalement...