2012/02/25

Être un artiste, c'est chiant

Oui. C'est chiant. 
Pas d'être artiste en soi, être artiste c'est chouette. 
Mais être UN artiste, ça c'est chiant. Surtout auprès des autres artistes.

J'aime dessiner, créer, me raconter à travers mes dessins. Ça compte énormément pour moi. Pour autant, je ne me considère absolument pas comme un "artiste", au sens social du terme.
J'entends par là être systématiquement original, hors-norme, contestataire, engagé, politisé. La plupart des milieux artistiques me font profondément chier. Être artiste, en avoir l'attitude et l'habillement, est souvent plus important que de faire quelque chose de son art. Il faut prendre position, dénoncer des tas de trucs, militer. Tous ne sont pas comme ça, mais beaucoup.
Ah, aussi, il faut être marginal, ou du moins attiré par la marge. Aimer la marge. Pas le droit d'avoir une vie "normale".

Désolé, mais moi, la marge, ça ne m'attire pas. Je n'ai jamais trippé sur les gens (trop) hors-normes et fiers de l'être. Pas qu'il faille être comptable et habillé en gris pour me plaire, ça non. Mais vivre dans la marge (et la marDe) dans des squats, dans la quasi-illégalité, ben ça me séduit pas. Je vois pas la magie là-dedans.

Ça doit être mon éducation.

Élevé par des parents travaillants, qui m'ont appris à bien me tenir, à faire des efforts pour arriver à quelque chose (et je les remercie pour ça), j'ai acquis le sens du mérite, et rien ne m'insupporte plus que les gens qui braillent sans rien faire pour arranger leur sort. Et, malheureusement, dans les milieux artistiques contestataires-marginaux-engagés, c'est monnaie courante. 
Se plaindre que la société c'est de la marde sur son MacBook Pro en attendant que quelque chose de mieux arrive, j'aime pas ça. Et même plus, j'ai pas d'estime pour ça.
Je suis prêt à aider corps et âme quelqu'un qui veut vraiment se sortir de ses problèmes, mais quelqu'un qui ne veut pas s'aider, j'ai pas envie de m'en occuper.

Je viens de me relire, et MY GOD j'ai l'air tellement pas marrant comme gars. Pourtant, ceux qui me connaissent bien savent que je suis pas un gars sans fantaisie, loin de là. Je revendique plus une certaine "normalité". Oui, je ne trouve pas ça péjoratif d'être normal, ordinaire. De travailler de 9 à 5, de payer sa bouffe, de ne pas se défoncer, de faire son ménage le week-end (pas vous ?), de respecter les lois. Et le pire, c'est que je suis super heureux comme ça :-))))

J'ai aussi un peu de mal avec une certaine sacralisation de l'artiste dans notre société. On nous (OK je m'inclue, là) considère comme super importants. Il y a une sorte d'aura autour de nous. On est géniaux. OK, l'art fait avancer plein de choses dans le monde, c'est évident, mais les éboueurs qui ramassent nos merdes le matin aussi. Sans eux, ce serait vite le chaos.

Comme "personne utilisant un art" (ben oui, je sais plus comment me définir, à présent !), je ne me suis jamais senti plus important que la plupart des gens ; euh… sauf entre 15 et 20 ans.
Mais ça c'est pas "être artiste", c'est "être jeune"…

Sur ce, je retourne faire mes dessins :-P


2012/02/19

Les deux Québecs

Montréal. 

Le Québec. 

Pour la grande majorité des immigrés, les Français ne faisant pas exception, ces deux notions ne font qu'une. Partir vivre au Québec, c'est automatiquement partir vivre à Montréal. À nos amis en France, à notre famille, on explique le Québec en se basant sur la vie de Montréal. Le Québec, C'EST Montréal. Au Québec, les rues sont longues. Au Québec, on vit sous terre l'hiver. Au Québec, il y a des gratte-ciel. Au Québec, il y a un métro. Au Québec, l'été, il y a la foule dans la rue, à cause des festivals. Au Québec, on mange des empanadas le midi et des sushis le soir, avec nos amis provenant de tous les pays du monde. Au Québec, il y a des écureuils partout. Au Québec, il y a des grands espaces : le mont Royal, les îles au milieu du Saint-Laurent et le parc Maisonneuve. J'exagère à peine.

Quand on sort de Montréal, on est un peu perdu. C'est grand. Les routes sont longues. Il n'y a que des arbres, des champs, des collines, et les villes, même Québec, ont l'air de petits villages où il ne se passe rien. On est content d'y passer quelques heures, c'est beau, mais c'est tout. On revient rassuré à Montréal, car c'est là que tout se passe. C'est là qu'il faut être.

J'ai moi-même vécu le Québec de cette façon. La grande ville nous rassure, quand on choisit de s'installer dans un nouveau pays. On pense qu'on y trouvera TOUT, qu'on ne sera jamais seul, on a besoin de repères. La grande ville est universelle, une grande ville c'est une grande ville. À partir de là, le choix est assez vite fait. Pourquoi, en arrivant au Québec, on s'installerait à Victoriaville ? À Saint-Georges-de-Beauce ? À Baie-Comeau ? Si l'immigrant n'a aucune attache préalable au Québec, il choisira quoi ? Montréal. C'est moins risqué.

Entendons-nous bien. Je comprends parfaitement ce choix, l'ayant moi-même fait. De plus, à l'âge où je suis arrivé au Québec (29 ans), et après six ans passés à Paris, je ne me voyais pas ailleurs que dans une grande ville. Plus grande aurait été la ville, mieux c'était. Ça me rassurait. Je ne pourrais pas manquer de travail, tout existe en ville. Je n'aurais aucune limite professionnelle, les plus grosses boîtes sont là, les plus importants sièges sociaux. Je n'aurais aucune limite culturelle, je pourrais trouver des épices exotiques, des produits importés des quatre coins du monde, des BD super rares, des objets de déco hallucinants.

Presque huit ans après avoir posé mes sacs dans le hall d'arrivée de l'aéroport de Mirabel, presque huit ans à vivre l'immigration, la découverte d'un autre pays, je suis arrivé à une sorte d'impasse. J'ai paradoxalement atteint les limites de la grande ville, qui justement n'en a quasiment pas, de limites. Parce qu'il manque quelque chose d'essentiel à mon processus d'intégration.

La découverte de la vie ailleurs qu'à Montréal. Vivre le Québec des Québécois, le Québec où il fait vraiment froid l'hiver, où les gens ont un vrai accent, chassent, pêchent, font de la motoneige, du kayak. La caricature ? Peut-être, oui. Montréal manque terriblement de clichés, d'exotisme. Oui, d'exotisme. Pour une ville composée de tant d'immigrants, c'est tout un paradoxe. Je reviendrai sur ce point ultérieurement.

Dominic a changé ma vision du Québec, il m'a introduit à cette culture qui fait à présent partie de moi. Il m'a fait plonger tête baissée, et m'a donné envie d'en découvrir encore plus. Maintenant, avec lui, je me prépare à découvrir la "région". Le "Québec profond" ?

Rimouski, je t'aime déjà. Tu me fais entrevoir un nouveau monde. Merci.


Processus enclenché

Je viens d'ouvrir iCal, application dont je ne me sers jamais, mais bien pratique pour éviter de compter les jours de tête. En comptant aujourd'hui, il reste 27 jours. 27 jours avant que Dominic et moi ne chargions le contenu de notre appartement montréalais dans un camion. Camion qui nous mènera à 573km d'ici. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, on déménage. Nouveau départ très excitant. Cadre de vie complètement nouveau. Rimouski, Bas-Saint-Laurent. Vue sur la mer, les mouettes, les éperlans, les bélugas et les baleines qui croisent tranquillement dans l'estuaire. Un monde de nouveauté s'offre à nous.

Le plus merveilleux, c'est de se rendre compte que si on en est là, c'est UNIQUEMENT car on en a fait le choix. On ne nous a pas appelés là-bas. Personne n'a besoin de nous. Mais quand on sera arrivés, ils ne pourront plus se passer de notre présence ! Hahahaha ! Watch out, Rimouski !!!!! :-)))) On arrive !!!

2012/02/18

Je m'y jette !

Bon ! On est en 2012, il me reste moins d'une année avant la fin du monde, l'Apocalypse, les Mayas, Nibiru, l'Iran qui nous balance une bombe, l'interdiction de Tintin au Congo, l'interdiction de manger des frites à moins de 9m d'une école ou d'un hôpital (riez pas, on y est presque !), la fin, quoi.
Moins d'un an pour que je me décide à faire partie de la vie moderne. J'ai quand même une adresse courriel et je suis même sur Facebook. Mais j'ai pas de blogue !!!!! PAS-DE-BLO-GUEU !!! Bon, j'AVAIS pas de blogue. C'est rétabli, je viens de rejoindre les 857 millions de gens qui racontent leur vie sur le Net. La mienne ne sera pas nécessairement plus intéressante (désolé !), mais je vais essayer quand même ;-). 18 février 2012, voilà. Je me jette à l'eau.